L’actualité éditoriale de ce printemps 2026 est riche du côté de la Chaire et de l’Observatoire.
Aurélien Antoine publie aux éditions Odile Jacob Le Royaume-Uni, une société libérale en péril (27 mai 2026, 240 p.), dans lequel il pose une question aussi simple qu’inconfortable : le berceau du parlementarisme et de l’État de droit est-il en train de trahir son propre héritage ? Son diagnostic est sévère. La révolution conservatrice thatchérienne a, selon lui, rompu l’équilibre patiemment construit entre libertés économiques et libertés politiques, ouvrant une brèche dans laquelle se sont engouffrées les évolutions les plus inquiétantes de la période récente : creusement des inégalités, dérive autoritaire de l’exécutif, montée des revendications identitaires des nations composantes du Royaume. Le Brexit, loin d’avoir constitué le remède promis, n’a fait qu’aggraver le mal : en détruisant le cadre européen, il n’a pas endigué les flux migratoires qui en étaient le prétexte principal, tout en fragilisant davantage les institutions. C’est donc une société libérale structurellement en péril que décrit Aurélien Antoine, et non simplement une démocratie traversant une mauvaise passe. La question qu’il laisse ouverte est celle du renouveau : si les solutions démagogiques ont échoué, quelles voies reste-t-il ?

Disponible ici sur le site des éditions Odile Jacob.
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Ces interrogations font directement écho aux actes du colloque Le référendum en France et au Royaume-Uni. Enjeux contemporains, qui paraissent simultanément sous la direction conjointe d’Aurélien Antoine et d’Aristide Lévi. Ce volume réunit les contributions de juristes et de politistes à l’occasion d’un colloque international tenu le 7 avril 2025 au Palais du Luxembourg, sous le haut patronage du Président du Sénat Gérard Larcher. Son objet est d’examiner, dans une perspective comparée, les ambivalences du procédé référendaire dans les deux pays. Le constat de départ est paradoxal : régulièrement présenté comme l’antidote à la crise de représentation, le référendum a produit en France comme au Royaume-Uni des effets souvent inverses à ceux escomptés. Le « non » français au traité constitutionnel européen en 2005 a creusé des fractures politiques qui ne se sont jamais refermées. Le référendum sur l’indépendance de l’Écosse en 2014, censé trancher définitivement la question, n’a fait que la rouvrir. Quant au Brexit de 2016, ses conséquences institutionnelles et politiques continuent de se faire sentir une décennie plus tard. L’ouvrage interroge ainsi les conditions dans lesquelles le référendum peut légitimement s’articuler avec les principes de la démocratie représentative, les risques de manipulation d’un scrutin sollicitant directement les citoyens à l’ère des réseaux sociaux, et la place que le juge doit occuper dans le contrôle de ces procédures. Il a été réalisé avec le soutien de la Chaire Droit public et politique comparés, de la Faculté de droit de l’Université Jean Monnet Saint-Étienne, de la Société de Législation Comparée, du CERCRID, de l’Association Française de Droit Constitutionnel, de l’Observatoire du Brexit et de l’Association des Juristes Franco-Britanniques.

Disponible ici.
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
luciencarrier2 (11 juin 2026). Parutions : Deux nouvelles publications du directeur de l’Observatoire. OBSERVATOIRE DU BREXIT. Consulté le 22 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/16dti